2 – Le billet (séditieux) de Noël Nègre

Aussi loin que porte mon regard, les inconséquences du genre humain me surprennent.  Pensez-donc, il y a V siècles à peine les Espagnols découvraient les Amériques et ne trouvaient rien de mieux à faire que raser les villes et déplumer ses habitants. Depuis l’introduction de la machine à vapeur – sensée soulager la peine des hommes – on n’a jamais autant travaillé. Et la pression s’est encore clairement accentuée ces derniers temps au fur et à mesure qu’on introduisait de nouveaux outils émancipateurs dans notre environnement. Dans ce même registre des égarements de nos civilisations, j’ose à peine évoquer le psychodrame nucléaire, qui, il y 50 ans, a bel et bien failli nous renvoyer tous en plein moyen-âge. N’oublions pas bien sûr, la bonne moitié de l’humanité qui porte des jupons et qui continue trop souvent à cirer les pompes de l’autre moitié. Bref, l’homme, en plus d’être un loup, est un con pour l’homme !

Ne vous méprenez pas, je ne suis pas un misanthrope. J’ai fait mes lettres et j’ai lu tous les philosophes, y compris les mauvais. Ce que je veux dire, c’est que la cité humaine – qui n’a qu’une poignée de millénaires derrière elle – est clairement ingérable. Par cité, j’entends évidemment l’organisation sapiens au sens large. Au début du siècle dernier, d’authentiques humanistes charismatiques à moustache ont bien proposé le totalitarisme comme modèle, mais le remède a été pire que le mal. Qu’on se le dise, l’organisation pyramidale est une catastrophe, c’est pourquoi elle perdure dans les institutions et les entreprises, car comme chacun sait, l’homme est tout sauf raisonnable.

Maintenant qu’il y a nombre de machines émancipatrices dans notre environnement, il faut s’en occuper constamment et surtout les nourrir. À l’origine, du temps de l’esclavage antique, quelques louches de lentilles et trois coups de fouet, suffisaient à les faire tenir debout. De nos jours, il faut les concevoir, les fabriquer, les graisser, les bichonner et leur donner la tétée. À de rares exceptions près, nous passons 90% de notre temps à nous occuper de machines complexes qui nous font gagner à peine 20% de notre temps. On a même poussé le vice, jusqu’à les étudier spécialement pour qu’elles tombent en panne au bout d’un certain nombre d’années bien calculées. On ne peut pas faire mieux pour se tirer une balle dans le pied !

Tout cela ne serait pas bien grave, si les machines n’avaient une fâcheuse tendance à biberonner énormément. Du pétrole, du gaz ou de l’électricité, leurs vices sont infinis. Qu’on se rende bien compte, près de 10% des activités humaines tournent autour de l’énergie. C’est énorme, ça veut dire qu’il faut déployer une énergie considérable pour trouver de l’énergie afin de faire tourner les machines.  Certes, une partie de cette énergie sert à se réchauffer,  mais quand même, le bilan a de quoi surprendre. Quand je vous disais que l’homme n’est pas raisonnable !

Les énergies, il n’y en a pas trente six sortes. Pendant longtemps c’était essentiellement l’air ou l’eau, le bois, puis la houille. Maintenant on en est rendu au pétrole et au gaz, qu’on va pomper allègrement dans des conditions dantesques, à grands renforts d’investissements ruineux. La fission nucléaire n’est pas une panacée pour bien des raisons et la fusion nucléaire, c’est comme le saint graal, depuis un demi-siècle on nous la promet pour la décennie prochaine. De nos jours, l’attention s’est portée sur les énergies renouvelables. C’est très bien, c’est dans l’air du temps, sauf qu’il faudrait couvrir d’éoliennes toute la région Parisienne pour alimenter la seule bourgade de Neuilly sur Seine. Qu’on se le dise, des énergies fossiles il y en a en pagaille, du charbon dans les mines aux hydrates de méthane au fond des océans, ce n’est pas ce qui manque. Le hic c’est que si on brûle tout, on va vite se retrouver en enfer. Il n’y a pas à tortiller, l’exercice énergétique actuel n’est pas pérenne et des solutions simples, il n’y en a pas !

Amis jeunes lecteurs, je suis confus, je ne voulais pas vous alarmer inutilement. Des solutions il y en a quand même pour faire marcher votre scooter. Le tout c’est d’être un minimum malin et d’ouvrir les yeux. Comme nous avons vu que l’homme est idiot, il suffit précisément de prendre le contre-pied de ce qu’il fait et dit pour arriver à bon port ; exactement comme avec une boussole qui indiquerait le Sud. Il faut juste savoir marcher à contre courant des idées reçues et avoir en permanence un paradigme d’avance. Croyez-moi, ce sont les rebelles qui font avancer les arts et la science et comme votre génération est on ne peut plus flemmarde, vous avez toutes les chances de trouver une solution simple et évidente, qu’aucun abruti n’avait vu jusqu’ici. Ainsi en est-il des énergies inconvenantes, sujet polémique de ce livre dont vous allez tirer grand profit.

N.N.

Tout est relatif ...

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